Appartenant à la famille des Adoxacées, représentée en France par la muscatelle, les sureaux et les viornes ; le sureau hièble est une plante indigène, sauvage et faisant partie intégrante de notre biodiversité.
Comment le reconnaît-on ?
Le sureau hièble pousse le plus souvent en colonies denses. C'est un cousin du sureau noir mais ce n’est pas un arbuste : il ne produit pas de bois ! Il s’agit d’une plante herbacée vivace, à rhizomes rampants.
Elle mesure de 0,5 à 1,5 mètre, avec une tige annuelle dressée, simple, robuste, rigide et constituée de moelle blanche. Ses feuilles possèdent 7 à 11 folioles vert foncé, imparipennées, longues et à bords dentelé. Son inflorescence forme une corymbe blanc-rosé. Les fleurs sont blanches à pétales pointus relevés, avec des anthères* pourpres et une odeur d’amande amère.
Les fruits forment à maturité des petites baies pourpres à noires, mesurant chacune 5 à 7 mm. Enfin, elle dégage une odeur fétide lorsqu’elle est froissée ou écrasée.
*anthère : partie terminale de l’étamine

Sambucus ebulus – détails de la fleur (By Krzysztof Ziarnek, Kenraiz - Own work, CC BY-SA 4.0

Sambucus ebulus – station en bord de route, avec ses baies noires en haut de tige
Où le trouver ?
Le sureau hièble apprécie les terres incultes et pousse dans les friches, les bords de chemins, dans les fossés, les haies... On le retrouve partout en France, jusqu’à 4’000 m d’altitude.
Enfin, c’est plante bio-indicatrice des sols humides engorgés en azote, sa présence et son développement peuvent donc indiquer des sols pollués par des nitrates.
Quels sont ses impacts ?
Côté santé, toutes les parties de la plante, y compris les baies, sont très toxiques. Les symptômes décrits correspondent à des diarrhées, des douleurs abdominales, parfois des vomissements ; voire, en cas d’ingestion massive, mydriase et vertiges. Certains ouvrages recensent des vertus médicinales tirées de parties de plantes, liées à une transformation rigoureuse et des doses précises... On retiendra que pour l’amateur, toute ingestion est à éviter !
Sur le plan environnemental, certains lui attribuent une caractéristique invasive, avec une capacité de propagation rapide. Dans les faits, au niveau des stations observées localement, elles ne se développent pas de manière démesurée, ni incontrôlée. On notera plutôt que ses fleurs mellifères sont largement appréciées des pollinisateurs et autres insectes. Enfin, certes toxiques pour l’homme, les oiseaux se nourrissent de ses baies.
Pour le jardin, le sureau hièble possède des propriétés répulsives (comme le sureau noir). La fabrication d’un purin à base feuilles macérées sera efficace contre les punaises, les pucerons, les chenilles et les cochenilles.

Sambucus ebulus – détails de la feuille par LePoncle - Own work, CC BY-SA 4.0
Quels sont les risques de confusions ?
Le sureau hièble et le sureau noir sont deux espèces très présentes dans nos campagnes et se ressemblent fortement. Les confusions possibles reposent principalement sur leurs baies noires, qui peuvent être confondues entre elles.
Le sureau noir, Sambucus nigra, est un arbuste, qui conservera donc son bois en hiver. Il peut atteindre 6 mètres de haut. Côté fleurs, elles ressemblent fortement à celle du sureau de hièble - blanches, également - mais les anthères jaunes. Ses fruits - qui sont d’ailleurs utilisés pour leurs attraits culinaires, voire médicinaux - sont également des baies noires. Elles retombent vers le sol, tandis que celles du sureau hièble sont dressées vers le ciel, en haut de tige. Concernant l’habitat écologique, on peut retrouver ces deux espèces de sureaux dans les mêmes milieux et poussant parfois côte à côte.

