
Une maladie fongique et mortelle pour le platane
Le chancre coloré du platane est une maladie grave causée par un champignon vasculaire, Ceratocystis platani, qui attaque exclusivement les espèces du genre Platanus. Le champignon pénètre dans l’arbre par des blessures, au niveau des racines ou des parties aériennes, mais aussi par les soudures racinaires entre arbres proches. Il se propage ensuite via le système vasculaire, entraînant la contamination progressive de l’arbre, jusqu’à sa mort en quelques années. À ce jour, il n’existe aucun moyen de lutte curative. La seule mesure permettant de limiter la propagation de la maladie reste l’abattage des arbres contaminés, accompagné de mesures strictes de surveillance et de gestion des foyers.Un organisme réglementé à lutte obligatoire
Ceratocystis platani est classé organisme de quarantaine, soumis à lutte obligatoire à l’échelle européenne (Règlement d’exécution UE 2019/2072) et nationale (arrêté ministériel du 31 janvier 2025 relatif à la lutte contre Ceratocystis platani). Introduite en Europe depuis les États-Unis lors de la Seconde Guerre mondiale, la maladie a longtemps été cantonnée au sud de la France (PACA, Occitanie, Rhône-Alpes), avec notamment les abattages massifs de platanes le long du Canal du Midi. Toutefois, ces dernières années, plusieurs foyers ont été détectés plus au nord.Situation en Pays de la Loire et arrêté préfectoral
En Pays de la Loire, un premier cas a été confirmé à Nantes en 2019. Après six années de surveillance des platanes de la ville, un nouveau cas a été détecté en septembre 2025. Cette situation a conduit à la publication d’un arrêté préfectoral actualisé le 17 octobre 2025, précisant les actions de lutte contre Ceratocystis platani. Lien vers l’arrêté préfectoral
Renforcement du cadre réglementaire national
Cette progression géographique confirme la nécessité d’une vigilance renforcée sur l’ensemble du territoire. L’arrêté ministériel du 31 janvier 2025 vient d’ailleurs renforcer et préciser les mesures obligatoires de prévention et de lutte, engageant pleinement la responsabilité des collectivités et des professionnels intervenant à proximité des platanes. Lien vers l’arrêté national L'arrêté définit :- Les mesures de lutte et de surveillance dans les zones délimitées en stratégie d’éradication (supprimer totalement le foyer) :
- Règles d’établissement de la zone infestée et de la zone tampon,
- Période sans détection au bout de laquelle la zone est déclarée éradiquée et donc indemne (10 ans),
- Mesures de lutte obligatoire : modalités de destruction
- Mesures de surveillance obligatoire,
- Les mesures de lutte et de surveillance dans les zones délimitées en stratégie d’enrayement (limiter la propagation) :
- Règles d’établissement de la zone délimitée,
- Mesures de surveillance obligatoire,
- Les dispositions de destruction, de transport, de prophylaxie et de prévention obligatoires.
- Chaque propriétaire ou gestionnaire de platane est tenu de réaliser une surveillance annuelle, et de déclarer immédiatement au préfet de région ou à l’autorité compétente toute présence ou suspicion de symptômes.
- Les marchés et les contrats passés avec les entreprises de travaux (sur ou à proximité des platanes) doivent intégrer dans leurs clauses des mesures de prophylaxie (nettoyage et désinfection des outils, engins et matériels)
- Les professionnels (élagueurs, paysagistes…) mettant en circulation du bois et écorces de platane destinés aux opérateurs professionnels (y compris les déchetteries) sont tenus d’être enregistrés au registre des opérateurs professionnels, et de respecter les exigences du passeport phytosanitaire.
- Toute personne, entreprise ou service qui intervient sur un platane dans le cadre des mesures de lutte est tenu de s’enregistrer au registre des opérateurs professionnels, et d’être reconnu apte à ces interventions par le préfet de région et avoir suivi une formation spécifique.

