Reconnaître la chenille processionaire du pin

La Processionnaire du pin - Thaumetopoea pityocampa - tire son nom de la file indienne que les chenilles forment lorsqu’elles partent en nymphose, stade entre le stade larvaire et le stade imago (adulte). Elles sont à craindre car provoquent démangeaisons, urtications et autres menaces pour la santé.

Comment la reconnaît-on ?

Sous la forme adulte, il s’agit d’un papillon nocturne de couleur gris-brun, d’une envergure de 35 à 40 mm. Il vole de fin juin à fin septembre.

La ponte comporte 100 à 300 œufs en moyenne. Ces derniers sont déposés en rangées parallèles à la base des aiguilles de pin. Recouverte d’écailles issues de l’abdomen de la femelle, cette ponte forme un manchon caractéristique de 3 à 4 cm de longueur (photos). Les éclosions ont lieu entre 35 à 40 jours après les vols.

La chenille d’aspect brun-roux avec la tête noire est fortement velue. Le développement larvaire dure entre 5 et 8 mois et s’effectue en 5 stades de croissance. La chenille dispose de poils urticants à partir du troisième stade larvaire et tisse dès les premiers froids un nid composé de fils soyeux blancs protégeant la colonie contre les attaques de prédateurs et les intempéries.

Les processions des chenilles s’effectuent généralement de février à avril, et dès la mi-octobre pour la côte Atlantique. Cependant, nous observons de plus en plus de comportements erratiques. Les populations de chenilles processionnaires du pin connaissent des fluctuations importantes et assez régulières s’étalant sur plusieurs années, dues à différents facteurs tels que le climat, l’abondance ou non de leurs ennemis naturels, la quantité et la qualité de la nourriture disponible, …

Où la trouver ?

Thaumetopoea pityocampa est observée dans tous les départements de la région. Elle affectionne principalement les pins noirs et le pin de Monterey, ainsi que le pin maritime. On peut aussi la rencontrer sur le pin sylvestre, le pin d’Alep et plus rarement sur les cèdres.

Quels sont ses impacts ?

Les impacts de la Processionnaire du pin sont nombreux et de différents ordres.

Santé humaine et animale : cette espèce est connue pour le caractère extrêmement urticant de ses chenilles, en raison des milliers de poils urticants dont elles disposent comme moyen de défense et qu’elles libèrent par des ouvertures dorsales appelées « miroirs ». Ces minuscules poils, épousant la forme d’un harpon, se cassent et libèrent alors une protéine urticante qui, au contact de la peau ou des muqueuses, déclenche des réactions allergiques très vives et parfois graves : risques d’urtication, atteintes pulmonaires et oculaires, œdème de Quincke. Et pour les animaux : atteintes oculaires, étouffements, nécrose des babines ou des muqueuses notamment pour les chiens.

Économie locale : le risque sanitaire peut avoir des incidences financières pour des communes à forte activité touristique et pour l’hôtellerie de plein air.

Patrimoine paysager : dans les boisements fermés, le ravageur colonise essentiellement les lisières orientées sud, sud-ouest et ne commet alors que très peu de dégâts à l’intérieur. Les boisements ouverts et dispersés conviennent mieux à la processionnaire qui s’y développe plus facilement et peut occasionner des dégâts importants. La défoliation des branches, et parfois d’une partie de l’arbre, lui donne un aspect inesthétique. Enfin, cet insecte déprécie fortement les sites dont les pins représentent une forte valeur patrimoniale (La-Baule-les-Pins, Saint-Brévin-les-Pins, …).

Santé végétale : les attaques répétées de la processionnaire du pin impactent la croissance des arbres colonisés et les fragilisent. Ils deviennent alors plus sensibles aux autres ravageurs (insectes xylophages) et aux maladies.

Quelles sont les risques de confusions ?

Ces chenilles étant inféodées aux pins, il n’y a pas de risque de les confondre avec d’autres espèces. Certains particuliers observent parfois d’autres larves, il s’agit non pas de chenilles mais de larves d’hyménoptères : les Lophyres du pin (espèce non urticante). 

Lophyres du pin

Comment s’en protéger ?

La première mesure à adopter est d’éviter de s’en approcher. Si des pins contaminés sont situés près de votre jardin, il faudra aussi veiller ne pas étendre votre linge dehors et être vigilant en période de procession, si la clôture peut laisser passer les chenilles.

Et si vous souhaitez intervenir sur les populations de chenilles, il est indispensable de porter des équipements de protection individuelle : lunettes de protection, masque, gants, combinaison.

Rappelons aussi que les nids, même vides, contiennent des poils urticants. Si vous devez les manipuler une fois qu’ils ont été désertés par les chenilles, il faudra prendre les mêmes précautions que celles employées à l’encontre des chenilles.