Appartenant au règne des Fungi (= Champignons), Cryptostroma corticale est responsable du développement de chancres qui affectent les érables (espèces du genre Acer). Ce champignon se développe au niveau de l’écorce et de l’aubier (bois vivant). Il entraîne ainsi une perturbation des flux de sèves, conduisant au flétrissement et dépérissement de l’hôte infecté. Autre particularité : il s’agit d’une des rares maladies affectant un végétal, qui peut également être nuisible à la santé humaine.
Comment reconnaît-on la maladie de la suie de l'érable ?
Les symptômes se déroulent généralement sur 3 ans, avec leur apparition dès la première année. Ils vont du flétrissement des feuilles jusqu’à l’apparition d’une suie noire. Il s’agit des spores du champignon, formant des plaques d’1 mm d’épaisseur sous l'écorce (appelées stromas) et dont la couleur varie du noir au brun foncé, pouvant aller au gris clair ou encore au blanc. Des chancres peuvent alors se former en soulevant l’écorce, de manière verticale, le long du tronc ou des branches.
Une fois la maladie développée, les arbres perdent en vigueur et finissent par dépérir. On peut alors observer une couronne dépérissante, des rameaux plus courts, des feuilles enroulées, une défoliation généralisée, des branches qui tombent, des taches dans le bois de cœur,…, ainsi que des rejets à la base du tronc, en réponse au stress provoqué par l’infection.
Où trouver Cryptostroma corticale?
Cette maladie affecte particulièrement l'érable sycomore (Acer pseudoplatanus) qui est son hôte principal. On peut également la rencontrer sur l’érable plane (A. platanoides) et l'érable champêtre (A. campestre). Le champignon se développera plus facilement sur les arbres affaiblis. Aussi, les sujets qui seront les plus concernés sont ceux situés en milieu urbain (stress hydrique, tassement du sol, pollution, …) et ceux les plus exposés aux sécheresses et à la chaleur. Des pics épidémiques de cette maladie sont effectivement observés 1 à 3 ans après des épisodes estivaux climatiques chauds et secs.
Sa propagation est assurée par le vent, qui dissémine les spores du champignon. Ces dernières infectent les plantes hôtes via de petites blessures présentes sur les arbres.
Cryptostroma corticale, quels sont ses impacts ?
Les spores ne sont pas toxiques, ni irritantes pour l’Homme. Néanmoins et ce de manière générale, c’est l’accumulation de microparticules qui peut générer des troubles respiratoires. Aussi, seule une forte concentration de spores du champignon entraîne le développement d’affections respiratoires, telles que la pneumopathie allergique appelée la «maladie de l'écorce d'érable ». Dès lors, le grand public est finalement peu concerné et son impact est minime comparé à d’autres espèces nuisibles à la santé humaine (Ambroisie à feuille d’armoise, Processionnaire du pin, …). En revanche, les métiers au contact régulier des arbres infectés sont exposés à ce risque (forestiers, élagueurs, …). Néanmoins, le contexte d’infections est très spécifique. Car les cas répertoriés concernent non pas des professionnels en forêt ou paysage travaillant auprès des érables sur pied mais des ouvriers manipulant ou travaillant en enceinte fermée auprès du stockage de bois infecté (bûches de bois, copeaux, usine à papier).
Pour le végétal, cette maladie provoque le dépérissement de l’arbre infecté et peut conduire à sa mort en quelques années.
Quels sont les risques de confusions ?
Cette maladie peut être confondue avec d’autres symptômes, tels que ceux exprimés par le chancre eutypelléen, le diatrype en croûte, le diatrype de l’érable, l’ustuline brulée, Stegonsporium pyriforme ou encore le chancre cytosporéen du peuplier.
Comment se protéger de Cryptostroma corticale ?
Afin de limiter l’exposition aux spores, les interventions au niveau des arbres malades devront se faire avec des équipements de protection adaptés : masque de type FFP2/FFP3, lunettes de protection, casque, bottes, combinaison et gants. L’accès à la zone de chantier devra être fermé au public.
Enfin, faut-il abattre tout arbre contaminé ? Pas systématiquement... Tout dépend des enjeux locaux. La gestion sera à adapter en fonction du contexte et des services écosystémiques rendus par l’arbre. Le réaménagement d’un site et le suivi mécanique de l’arbre peuvent permettre son maintien lorsque dans d’autres contextes, il faudra l’abattre (accompagnement de voirie, site à proximité de personnes vulnérables, …)
SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES
Bandeau bannières Cryptostroma corticale © iStock - Heiko119
Symptômes de la maladie de la suie sur tronc d'érable © Pôle santé des fôrets Nord Ouest
Propagation de Cryptostroma corticale d'un érable à l'autre © FREDON France
Risque en fonction du type de public et du type d'activités © Maxime Guérin, Planté & Cité