Surveillance biologique du territoire

La Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) des Pays de la Loire, par l’intermédiaire de son Service Régional de l’Alimentation (SRAl), délègue à POLLENIZ des activités de surveillance biologique du territoire afin de détecter et d’éviter la propagation d’organismes nuisibles réglementés, chez les producteurs, les revendeurs et dans l’environnement. POLLENIZ intervient dans la plupart des filières de production présentes en région Pays de la Loire.

Afin de pouvoir répondre pleinement à ces missions déléguées, POLLENIZ a été amené à mettre en œuvre un système qualité permettant le bon déroulement et la traçabilité des inspections réalisées, ainsi que l’efficience de l’organisation du service en charge de l’activité (SISV = Service d’Inspection en Santé des Végétaux). C’est dans ce contexte que POLLENIZ est accrédité selon la norme NF EN ISO/CEI 17020 depuis février 2016 pour réaliser des inspections dans le domaine agroalimentaire.

En 2017, POLLENIZ a ainsi effectué 1454 inspections  chez  les producteurs et revendeurs de végétaux et produits végétaux, ce qui a généré 875 analyses effectuées dans les laboratoires nationaux de référence ou les laboratoires agréés. Ainsi, ce sont 26  organismes  nuisibles réglementés  différents  (champignons, bactéries,  insectes,  virus ou  phytoplasmes) qui ont été identifiés.

Exemple de cas de xylella fastidiosa

Passeport phytosanitaire européen PPE

Le PPE, délivré par le SRAl, est une garantie phytosanitaire que les cultures soumises à un dispositif d’inspection ont bénéficié d’une surveillance sanitaire vis-à-vis des organismes de quarantaine, que les végétaux répondent aux dispositions réglementaires communautaires et peuvent circuler au sein de l’UE. Ainsi, le passeport phytosanitaire européen, accompagnant le plant ou la bouture et délivré par les services de l’Etat, certifie que les cultures ont bénéficié d’une surveillance sanitaire vis-à-vis de ces organismes, que l’entreprise s’engage à produire des plants indemnes d’organismes de quarantaine et qu’elle peut donc faire circuler sa production au cours de l’année en France et en Europe.

La certification phytosanitaire à l’exportation

Le Service Régional de l’Alimentation (SRAL) est chargé, lorsque la réglementation d’un pays importateur l’exige, de la délivrance d’un certificat phytosanitaire à l’exportation pour les végétaux, produits végétaux et autres objets.Ce document atteste que les envois vers les pays tiers respectent la réglementation du pays importateur.

La réglementation (article 30 de l’arrêté du 30 mai 2006) impose un délai à l'exportateur pour sa demande de certificat  phytosanitaire  d'au moins  quarante-huit  heures  ouvrables avant  l'envoi  des végétaux,  produits  végétaux et autres objets. Ce délai doit permettre l'instruction de la demande et l'organisation des inspections physiques.

Dans ce processus, POLLENIZ, par l’intermédiaire de son service (SISV), assure le rôle suivant :

En pratique, une Inspection des lots de végétaux soumis à Certificat Phytosanitaire comprend : 

  • le contrôle de l’identité botanique ;
  • le contrôle sanitaire ;
  • le prélèvement d’échantillons le cas échéant.

Surveillance des Organismes nuisibles réglementés et émergents SORE

Cette surveillance est mise en place pour vérifier le statut indemne ou faiblement contaminé de notre territoire vis-à-vis d’organismes nuisibles constituant des menaces pour les productions agricoles et qui sont réglementés et/ou émergents en France, dans l’Union européenne ou dans les pays tiers importateurs de nos produits végétaux.

Elle est organisée à travers des plans de surveillance qui sont confiés par le SRAL à POLLENIZ dans le cadre des missions déléguées. Ces plans sont peuvent évoluer selon l’apparition (ou la déclassification) d’un organisme dit « émergent ».

En 2017, POLLENIZ a effectué des inspections dans le cadre de 23 plans de surveillance et de contrôle.

Epidémiosurveillance

Depuis 2008, le plan national Ecophyto vise la réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques, tout en maintenant une production économique performante. L’axe 5 du plan Ecophyto 2018 porte sur l’épidémiosurveillance et les Bulletins de Santé du Végétal (BSV).

L’épidémiosurveillance se définit comme un réseau de surveillance  établit à l'échelle régionale et constitué d’observateurs volontaires. Ils sont professionnels ou non, et destinés à connaître puis partager l’état sanitaire des cultures et des végétaux en général.

L’observation concerne principalement de nombreux bio-agresseurs, dits organismes « de qualité ». Ce sont des ravageurs et des maladies non réglementés (pucerons, oïdium, mildiou, acariens, ...). Mais aussi, les observations peuvent conduire à la détection précoce d’organismes émergents ou nuisibles réglementés (ONR). Ils sont alors déclarés au Service Régional de l’Alimentation (SRAL) ou bien au réseau POLLENIZ.

Généralement, un observateur se voit confier le suivi par protocole d’observation ou par piégeage d’un couple hôte/bio-agresseur (" tomate / mildiou » ou « colza / charançon »). Cette meilleure connaissance de l’état des cultures conduit à anticiper et réduire les interventions phytosanitaires. Cela permet de mettre en place des méthodes alternatives et des bonnes pratiques (piégeage par phéromone, protection physique, méthodes agronomiques, nettoyage des outils, …). 

Formation des observateurs pour la santé biologique du territoire

Toutes ces informations sanitaires collectées, analysées et synthétisés par un animateur de filière font l’objet d’un BSV. Il y en a 7 dans notre région. Trois sont rédigés par la Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire (grandes cultures, maraîchage et vigne), trois par POLLENIZ (arboriculture, cultures ornementales et Jardins - Espaces Végétalisés - Infrastructures (JEVI)). En dernier lieu, le septième BSV est interrégional Bretagne, Normandie, Pays de la Loire « Arboriculture - Fruits transformés » (cidre).

Pour chaque BSV correspondant à une filière végétale, vous trouverez des observations concernant vos cultures, des analyses de risques, vous permettant de raisonner vos interventions, et des solutions alternatives à mettre en pratique. Pour élargir vos connaissances, des informations sur les organismes de quarantaine, la réglementation ou des avis sont aussi relayées.

Quoi qu'il en soit, le BSV est gratuit et disponible en ligne plusieurs sites : DRAAF Pays de la Loire, Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire et POLLENIZ. Vous pouvez également vous y abonner pour recevoir une notification à chaque parution.

Suivi des Effets Non Intentionnels ENI des pratiques phytosanitaires

En 2012, la Surveillance Biologique du Territoire voit ses missions élargies avec la mise en place du suivi des Effets Non Intentionnels des produits phytopharmaceutiques. Ce suivi comprend 2 axes : la résistance aux produits phytopharmaceutiques et les effets sur la biodiversité. L’animation régionale du volet « biodiversité » est géré par Florent DUPONT, technicien coordinateur à la Polleniz 49.

Les ENI « biodiversité » sont étudiés à l’échelle nationale par l’intermédiaire d’un réseau de 500 parcelles réparties sur toute la France, sur des parcelles de vigne, de grande culture et de maraîchage, en agriculture conventionnelle ou biologique.

Observation des oiseaux pour le suivi des ENI

Les suivis sont effectués chaque année sur 4 taxons : les vers de terre, les coléoptères, les oiseaux et la flore. Les vers de terre sont prélevés dans la parcelle une fois par an tandis que les autres taxons sont suivis sur les bandes enherbées longeant les parcelles avec 3 relevés pour les coléoptères, 2 relevés pour les oiseaux et un relevé pour la flore. Ces relevés sont effectués sur une période allant de février à juillet environ.

En Pays de la Loire, ce sont 33 parcelles qui sont suivies tous les ans, par des techniciens de Polleniz 44 et 85 pour les oiseaux et des conseillers agricoles des chambres d’agriculture pour les autres taxons.

Sur ces parcelles, les pratiques agricoles sont aussi notées et enregistrées : gestion de la bande enherbée, produits phytopharmaceutiques utilisées, travail du sol, etc. Sont collectées en fait toutes les informations qui pourraient impactées la biodiversité en plus des conditions climatiques.

L’étude est nationale et demande plusieurs années de collectes de données pour en tirer des conclusions. Les résultats sont en cours d’interprétation. Il n’y a donc pas d’interprétation régionale des résultats. Seule une présentation de ces derniers est disponible, à l’image de la plaquette créée pour les résultats obtenus de 2013 à 2015.